Ici ou là, en Albigeois, demeurent des fervents de haïkus, se délectant à cet art subtil que les poètes japonais au cours des siècles ont cultivé. Or, voici qu’un poète de Nantes, Roland Halbert, qui séjourne volontiers à Albi – cette tant belle ville ! – offre à ses lecteurs une cinquantaine de haïkus en 7 langues, qu’il a intitulés Petite Pentecôte de haïkus, gouttes de rosée. Roland est plus qu’un disciple de Matsuo Bashô, le célèbre poète qui vécut de 1644 à 1694, grand voyageur à pied. Il a su assimiler le nectar de ce poète vagabond et lui a donné le meilleur de lui-même. Écoutons dans le ravissement ce haïku :

Avec les beaux jours,
je me remets à la flûte…
Un merle est mon maître !

Cela signifie joie et liesse, à l’unisson avec la nature. Un autre exemple :

Ma femme au jardin
regarde monter les sèves… Phases de la lune.

Que d’idées et de sensations suggérées en si peu de mots ! Tout y est dit, évoqué à la manière d’une devinette ; les sensations se mêlent, s’engendrent au choix de l’harmonie des mots. Fraîcheur de l’ombre estivale :

Vague de chaleur !
Je me glisse à l’ombre bleue
de la libellule.

Par une journée torride, le voyageur s’est reposé au bord d’un étang. Apparaît une libellule. Sous l’ombre de ses ailes, que la vie est bonne ! Roland écrit avec une pointe de diamant.
Un deuxième recueil, Le Pollinier sentinelle, 17 articles sur l’art du haïku, accompagne Petite Pentecôte de haïkus. Le duo a paru aux Éditions Multilingues FRAction À Albi.

TARN LIBRE du vendredi 30 mai article par Hervé Rougier

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