Roland Halbert, auteur et poète devant le temple de Minerve à Assise.

Le Nantais Roland Halbert publie deux ouvrages consacrés aux oiseaux dans la tradition du poème japonais court.

Roland Halbert, auteur et poète devant le temple de Minerve à Assise.

Roland Halbert, auteur et poète devant le temple de Minerve à Assise.

Quel est le projet commun de ces deux livres ?
Le projet littéraire de ces deux ouvrages, Le Parloir aux oiseaux et La Becquée du haïku, est de centrer le propos poétique sur les oiseaux, nos plus grands maîtres de chant. Pas les oiseaux du genre « cui-cui » ni fleur bleue, mais les oiseaux au sens où la poésie tient de l’oiseau, comme l’écrit Victor Hugo. Car tout le secret des choses tient dans le chant d’un oiseau, pour citer un autre écrivain : Thoreau. De ce point de vue, les deux livres se répondent comme deux oiseaux sur le fil du chant poétique.

Et bien entendu, saint François d’Assise ?
Oui, puisque nul n’ignore que François d’Assise a parlé aux oiseaux (voir les cinq reproductions en couleur de « la Prédication aux oiseaux » qui illustrent l’ouvrage). Mais on ignore ce que les oiseaux lui ont répondu ! Dans Le Parloir aux oiseaux, j’ai tenté de leur donner la parole sur un mode humoristique et spirituel.

Y a-t-il un point commun entre le poème japonais haïku et vos chantefables ?
Chantefable et haïku sont, l’une et l’autre, des genres poétiques mal connus (et galvaudé en ce qui concerne le haïku !). Ce qui m’intéresse, c’est de renouveler ces genres en leur apportant une forme nouvelle (la « chantelettre ») et un souffle nouveau. J’ai appris le japonais et j’ai donné à mes haïkus des configurations particulières de l’ordre du calligramme et de la portée musicale : disposition en gamme ascendante ou descendante, en « chapeau », en demi-cercle, en « assiette », en ligne verticale (à la japonaise)…

Et qu’est-ce que la chantelettre ?
Comme son nom l’indique, elle se veut une lettre chantante, rythmée et pleine de swing. D’ailleurs, ces cinq « chantelettres » se présentent au lecteur comme de véritables partitions musicales contemporaines. D’ailleurs, je suis heureux que trois compositeurs d’aujourd’hui (Lucien Guérinel, Olivier Kaspar et Jean-René Combes-Damiens) s’intéressent à ma poésique et travaillent à la mettre en musique.

Roland Halbert : La Becquée du haïku et Le Parloir aux oiseaux
Éditions Multilingues Fractions, Albi.

Propos recueillis par Daniel Morvan pour Ouest France le 18 juin 2013

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