Maurice Maréchal un violoncelle parle lettres de guerre à ses parents
Maurice Maréchal un violoncelle parle lettres de guerre à ses parents

Maurice Maréchal un violoncelle parle lettres de guerre à ses parents

À l’heure où les Eurosceptiques de tous genres s’acharnent sur les dysfonctionnements de l’Union et de la pertinence de ses directives, il conviendrait de rappeler combien les artistes mobilisés en août 1914, face au suicide du vieux continent, ne cessèrent de croire à l’Europe de la Culture et à l’échange des belles choses entre les pays jadis belligérants. En cette année du centenaire de la Grande Guerre, celle qui ne devait durer que quelques mois, Maurice Maréchal nous révèle dans ce roman épistolaire que la paix se crée, comme une œuvre d’art. Dans le feu de l’action, le violoncelliste fait œuvre de bon soldat, nourrit ses goûts littéraires, se produit en quatuor, raisonne en philosophe, tient un journal intime, et rassure ses parents quotidiennement. Ses lettres devraient laisser les facebookistes et les twitteriens de nos jours admiratifs.

Maurice Maréchal, quel musicien ou amateur de musique pourrait ignorer ce nom prestigieux ? Le grand public, lui-même, connaît l’histoire étonnante du « Poilu », ce violoncelle de guerre fabriqué par deux menuisiers dans une caisse de munitions, que Maréchal joua pendant plusieurs mois, lors des concerts donnés durant les périodes de repos.
Moins connues que sa brillante carrière de violoncelliste, les années de jeunesse et surtout celles de la guerre se révèlent au grand jour dans sa correspondance avec sa mère. Du concours d’entrée au Conservatoire de Paris en 1907 à la démobilisation en 1919, les lettres permettent de voir le cheminement de l’enfant à l’homme, mais aussi d’observer le jeune soldat dans ses paradoxes profonds : à la fois « p’tit nenfant de sa maman », comme il écrit lui-même, et combattant déterminé, ne se cachant ni ses peurs ni ses rancœurs, souvent poète autant que musicien, perpétuellement amoureux de femmes lointaines ou seulement d’images féminines ; dans tous les cas, un être infiniment attachant.

La publication de cette correspondance (Editions FRAction Multilingues, Albi) vient compléter celle, en 2005, de ses carnets de guerre, découverts par sa fille peu après sa mort (Deux Musiciens dans la Grande Guerre, Paris, Tallandier-Radio France, 2005, édition et introduction de Luc Durosoir). Les lettres de Maréchal à sa mère (édition réalisée par Luc Durosoir) sont introduites par trois témoignages exceptionnels : hommages d’Alain Meunier et de Jean Deplace à leur maître et préface d’Emmanuelle Bertrand. De plus, un CD Audio est offert comportant la Sonate N°1 pourvioloncelle et piano de Claude Debussy que Maurice Maréchal découvrit au front, tout juste apporté par André Caplet au retour de Paris ; interprétée par Alain Meunier violoncelle & Anne Le Bozec piano.

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